top of page
Rechercher

Les fascias, la posture et le relâchement en Qigong

ree

L’art de l’alignement

En Qigong, on insiste souvent sur la posture : pieds enracinés, colonne allongée, épaules relâchées, nuque libre. Cet alignement n’est pas qu’une question d’esthétique, il est directement lié à la santé de nos fascias.

Ces tissus conjonctifs, véritables « toiles vivantes », enveloppent et relient chaque partie du corps. Quand nous tenons une posture équilibrée et fluide, ils s’organisent harmonieusement, permettant aux forces de circuler sans contrainte. À l’inverse, une mauvaise posture ou une crispation répétée entraîne des adhérences fasciales, qui limitent nos mouvements et créent des zones de tension.

Les fascias : une architecture vivante

Les fascias fonctionnent comme une armature souple. Ils s’adaptent à tout ce que nous faisons : nos gestes, nos habitudes… et nos postures.

  • Quand nous nous tenons affaissés, ils se réorganisent pour maintenir cette forme, même si elle n’est pas optimale.

  • Quand nous restons crispés, ils se densifient autour de cette contraction.

  • Mais quand nous retrouvons un alignement naturel et relâché, les fascias se réhydratent, se réajustent et permettent au corps de respirer pleinement.

En science du mouvement, on parle de tensegrité : une structure où la tension et la souplesse s’équilibrent pour maintenir la stabilité. Le corps humain fonctionne exactement ainsi, et les fascias en sont le pilier.

Pourquoi le relâchement est essentiel

Beaucoup de personnes associent la posture à un effort : « se tenir droit », « contracter les abdos », « redresser les épaules ». Mais en Qigong, l’approche est différente : on cherche la stabilité sans tension, la verticalité naturelle qui permet au corps de s’allonger de l’intérieur sans forcer.

Ce relâchement est fondamental pour deux raisons :

  1. Physiologique : il évite que les fascias se rigidifient et crée des conditions idéales pour qu’ils restent souples, élastiques et bien hydratés.

  2. Énergétique : il libère la circulation du Qi (l’énergie vitale), qui peut alors se déployer sans obstacle dans tout le corps.

En d’autres termes, une posture relâchée n’est pas une posture molle : c’est un état d’équilibre dynamique où le corps se tient par lui-même, soutenu par la structure fasciale et non par la force musculaire brute.

Le rôle du Qigong dans l’adaptation fasciale

Les mouvements doux et répétitifs du Qigong invitent les fascias à retrouver leur élasticité naturelle. Chaque geste agit comme une onde qui se propage dans les tissus, les aidant à se réorganiser harmonieusement.

  • Les étirements doux favorisent l’allongement fascial sans créer de microtraumatismes.

  • Les ondulations et spirales hydratent les fascias, comme si on faisait circuler de l’eau dans une éponge.

  • Les moments d’immobilité consciente renforcent l’alignement interne, permettant aux fascias de se « poser » dans une configuration stable et fluide.

Avec la pratique, la posture s’améliore naturellement : on se tient plus droit, plus ancré, sans effort. Le corps apprend à « se relâcher dans l’alignement », ce qui est au cœur de l’art du Qigong.

Habiter son corps avec fluidité

Les fascias sont la mémoire de notre posture quotidienne. Si nous passons nos journées voûtés devant un écran, ils s’adaptent à cette forme. Mais si nous cultivons, par le Qigong, des postures alignées et détendues, ils s’en imprègnent également.

Le relâchement n’est donc pas une passivité, mais un retour à la fluidité naturelle. C’est un état où le corps devient à la fois stable et léger, enraciné et ouvert, fort et souple.

 
 
 

Commentaires


bottom of page