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Au-delà de la douleur : comment le cerveau entretient la souffrance

On l’appelle “douleur chronique”. Un mot qui semble banal, presque poli, pour décrire une réalité qui ne l’est pas : une douleur qui s’installe, persiste, colonise peu à peu les journées, les nuits, l’humeur, les projets.

Pour certains, c’est un genou qui fait mal sans raison apparente, pour d’autres, des migraines qui reviennent chaque semaine, des douleurs dans le ventre ou les hanches, des coups d’électricité dans les jambes, des brûlures inexpliquées sur la peau, ou une fatigue qui, elle aussi, fait mal. Parfois, les examens ne montrent rien. Parfois, ils montrent trop. Dans tous les cas, la douleur reste là.

Pendant longtemps, on a pensé que ces douleurs étaient forcément liées à une lésion, une inflammation, une blessure visible. Aujourd’hui, les neurosciences racontent une autre histoire. Elles expliquent que le corps peut guérir, mais que le cerveau, lui, peut rester bloqué sur “alerte”. Comme une alarme incendie qui continue de hurler quand il n’y a plus de feu. Ce n’est pas “dans la tête”. Ce n’est pas imaginaire. C’est un bug dans le système de protection du corps, un excès de vigilance qui fait que le cerveau continue à envoyer des signaux de douleur, encore et encore.

Pourquoi ? Parfois à cause d’un traumatisme ancien. Parfois parce que le stress chronique maintient le corps en tension. Parfois sans cause évidente. Et souvent, un cercle vicieux se crée : plus la douleur dure, plus le cerveau apprend à la reproduire.

Mais cette histoire n’est pas figée. Car le cerveau, aussi, peut réapprendre. Les scientifiques parlent de “neuroplasticité”. Ce mot compliqué veut simplement dire que le cerveau peut se réorganiser, créer de nouveaux chemins, désapprendre la douleur. Comment ? Par le mouvement, par la respiration, par l’attention portée au corps, par la douceur.

Des études montrent que des pratiques comme le Qigong, les mouvements somatiques, le yoga doux, ou même la marche consciente, peuvent aider le corps à se détendre en profondeur et le cerveau à sortir du mode alerte. Non pas en forçant, mais en apprenant à bouger différemment, à respirer, à s’écouter sans peur. Parce que chaque tension, chaque crispation, chaque souffle retenu est un message que le corps envoie au cerveau. Et quand ces messages changent, la douleur peut changer aussi.

La douleur chronique n’est mopas une fatalité. Elle n’est pas non plus une simple fatalité à “accepter”. Elle est un langage du corps qui peut, parfois, trouver d’autres mots.

Et si c’était le début d’une autre façon de vivre avec votre corps, sans guerre, sans peur, avec curiosité et douceur ?

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